Nous ne nous posons pas la question du pourquoi de la sécurité alimentaire mais nous indiquons plutôt les évolutions ces 50 dernières années sur le marché européen et les différentes étapes franchies pour arriver à la situation actuelle.
L’agriculteur, l’industriel ou le
restaurateur savent depuis la nuit des temps que les produits qu’ils livrent ne
doivent comporter aucun risque pour la santé de leur client. Une légère diarrhée
et celui-ci ne revient pas ; une intoxication avec hospitalisation
et il peut demander la réparation du préjudice. Le cas de l’intoxication
peut être fatal pour la continuité de l’entreprise. Voir les résultats de la sécurité
alimentaire sur les marchés.
Le rôle des pouvoirs publics dans
les années 1960 :
Dans les processus
d’industrialisation du secteur agro-alimentaire entre les années 1950 et
1970, seuls les pouvoirs publics avaient la responsabilité d’assurer que les
produits livrés au consommateur final étaient sans
danger.
Le transfert
progressif des responsabilités vers les industriels et les exploitants
:
Depuis les années 1980
jusqu’à nos jours, les législations nationales et européennes ont
progressivement transféré cette responsabilité aux producteurs et aux
exploitants. Ces derniers ont donc la responsabilité juridique vis-à-vis du
consommateur que les produits livrés sont sans danger. Les pouvoirs publics, à
travers principalement l’inspection vétérinaire et le service des fraudes,
s’assurent désormais que les exploitants, les industriels et les distributeurs
de l’agro alimentaire mettent en œuvre tous les moyens raisonnables pour
produire des aliments sans danger. Les pouvoirs publics auditent en quelque
sorte les professionnels et ces derniers pratiquent une forme d' autocontrôle
.
La mise en pratique du sens
commun de l'hygiène :
La sécurité alimentaire c’est
d’abord l’hygiène qui commence par un « sens commun » que tout le
monde connaît et pratique (producteur, distributeur, consommateur) avec le
nettoyage, la séparation des tâches, l’entretien de
l’environnement…
Vers le pilotage et le
contrôle des points critiques :
On passe ensuite au système d’hygiène
avec les principes de l’HACCP (Hazard Analysis and Critical Control Point) qui
impose le pilotage de la sécurité par une boucle de contrôle permanente avec les
relevés de mesures, l’analyse des seuils critiques, les procédures correctives
et les actions d’amélioration.
La traçabilité pour
renforcer la sécurité :
Puis l’on introduit la traçabilité pour renforcer
la sécurité alimentaire en la dotant d’un outil qui permet de retracer
l’historique des opérations sur un ingrédient, par exemple, et de repérer toutes
les denrées d’une famille de produits, par exemple, qui sont partis en
aval.
La sécurité alimentaire dans une
démarche volontaire :
Enfin, la sécurité alimentaire a
récemment été complétée avec l’introduction du management à travers l’ISO 22000. L’ISO 22000
reprend les principes de l’hygiène, du système HACCP et de la traçabilité et les
complète par l’engagement de la direction et l’organisation d’un management
(équipe, objectifs, moyens) dédié à la sécurité
alimentaire.
La sécurité alimentaire, un
nouvel allié de la qualité gustative :
Mais la sécurité alimentaire se doit
pas se cantonner à empêcher les coliques ! Elle doit apporter ses techniques et
ses expériences pour appuyer la démarche de création culinaire de l'industriel
ou de l'exploitant. Le rôle de "gendarme" de la sécurité alimentaire doit être
transformé progressivement par un rôle de conseil pour développer de
nouveaux plats et des nouveaux goûts et encourager l'utilisation d'ingrédients
variés pour une alimentation saine et
équilibrée.