TRAÇABILITÉ 2007 - TRAÇABILITÉ ET COMMERCE
LA TRAÇABILITÉ ET LES RELATIONS COMMERCIALES
C'est au cours des différentes conférences au symposium de Montpellier que l'on a constaté que la traçabilité est de plus en plus utilisée par les avocats pour défendre leurs clients mis en cause dans une alerte sanitaire ou mobilisés par un plan de rappel.
Ainsi, une fois le plan de retrait réalisé et le danger pour la santé public écarté, on s'attelle à établir les responsabilités. A ce stade, la traçabilité est utilisée par la défense pour montrer qu'elle maîtrisait sa chaîne. On est dans le cas de la détermination des responsabilités et non plus dans celui de l'application des règlements.
Suite à un retrait/rappel, qui est responsable
de quoi ?
Pour analyser et identifier les cas de bonne foi
en traçabilité, on regarde les pratiques courantes, et non plus seulement les
pratiques exceptionnelles comme le plan de retrait ou la communication de crise.
On observe les pratiques quotidiennes avec l’enregistrement selon une
codification, la bonne tenue des registres, l’existence d’une veille sanitaire,
l’analyse des risques et leurs classification, le niveau de formation du
personnel, la fréquence des mises à niveau… Ainsi, une conférence à Montpellier
a rappelé que le manque de vérification est assimilable à de la mauvaise
foi. L'existence d'un plan de maîtrise sanitaire ( PMS ) est une preuve de la bonne foi de
l'exploitant
Par extension, la traçabilité figure de plus en
plus dans le contrat commercial qui lie le client et ses fournisseurs. Le client
ne compte plus uniquement sur la loi pour être sûr que la traçabilité est
réalisée. Il recherche en plus la possibilité d’agir pour défaut de contrat et
versement de dommages et intérêts. Le fournisseur se trouverait
donc sous le double menace d’être en infraction par rapport à la loi (action
pénale, amende et fermeture administrative) et en infraction par rapport aux
engagements contractuels (action civile et
indemnité).
Mais il ne faut pas regarder les relations
contractuelles comme un ensemble de mesures de rétorsions à
« dégainer » lorsque tout va mal… Les relations contractuelles, et
notamment le contenu du cahier des charges produits, sont aussi à la base de
conventions et de bonnes pratiques échangées entre le client et
le fournisseur.
Ceci montre que les acteurs économiques ont
compris que la traçabilité pouvaient leur apporter un avantage concurrentiel,
pouvaient faciliter les échanges entre partenaire d’une filière en ayant un
langage commun et des procédures communes au sujet de la
traçabilité.
Dans le contexte du développement
durable et des relations équilibrées entre clients (grande
distribution) et fournisseurs (industriels de taille moyenne), les contrats
peuvent contenir des bonnes pratiques accompagnées d’indicateurs de surveillance
pour que chacune des parties agissent dans un intérêt mutuel. La crise de la
« vache folle », entre les années 1996 et 2001, a été le catalyseur de
rapprochement entre les acteurs de la filière et les bonnes
pratiques se sont développées de manière commune pour offrir une qualité
« filière » au consommateur final.
Les nouvelles turbulences, depuis les années
2004 et 2005, avec la multiplication des sources d’ingrédients et l’arrivée de
nouveaux acteurs étrangers (hors marché CEE) ne doivent pas nous faire régresser
et ressortir les mesures – sanctions dans les contrats commerciaux. A ce titre,
la traçabilité, qui a pris un envol certain grâce aux mesures règlementaires de
la « Food Law » (règlement 178/2002) doit sortir de son action de
contrôle pour entrer dans celui de la confiance, de l’efficacité et de
la garantie.
Plusieurs pays d’Amérique Latine ont vu leur importation dans
la CEE sérieusement ralentir suite à la mise en application de la « Food
Law ».
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